A un peu plus d’un an de la présidentielle de 2011, l’intergroupe des G et F n’est pas au mieux de sa forme. Les guéguerres sur fond de forfaiture se sont multipliées autour de la fameuse désignation du candidat unique de l’opposition. Les chances des uns et des autres ont commencé à s’effriter dangereusement offrant, du coup, une réelle marge de manœuvre au Chef de l’Etat. D’où la convocation d’une énième rencontre pour discipliner le groupe. Mais à vrai dire, l’intergroupe a raté le coche en mettant la charrue avant les bœufs. Désormais à la croisée des chemins, l’Union fait la Nation peine à trouver le salut face aux obstacles de la candidature unique.
Par : Arsène AMETOYONA
Une rencontre de pardon et de réconciliation pour les acteurs et responsables de l’intergroupe des G et F. Les uns et les autres mettraient actuellement les bouchées doubles pour qu’elle s’organise, d’ici à la fin du mois de janvier, afin de dissiper les querelles et toutes les controverses susceptibles de réduire les chances du groupe pour les prochaines consultations électorales. Au lendemain de la signature de l’accord politique entre le G4 et l’alliance Force Clé et depuis l’annonce de la désignation d’un candidat unique pour représenter l’opposition à la présidentielle, des coups bas, des dissensions, des crocs en jambe, la guerre de leadership, le non respect des recommandations et consignes par des membres, les positions divergentes sur des sujets importants de la Nation, les contradictions internes, la plausible présence au gouvernement de certains cadres des partis membres de l’intergroupe, les accusations réciproques de trahison… s’accumulent et commencent à écorner la cohésion du groupe. La volonté individuelle et manifeste de certains leaders politiques de l’intergroupe se dévoile au moment où le principe fondant ce regroupement politique est de faire bloc derrière un candidat unanimement choisi pour arracher le pouvoir à l’actuel Président de la République. On se rappelle encore de l’allégorie : « Arracher le volant au chauffeur… ». La décrépitude politique semble gagner davantage le rang des amis de « gauche ». Face à l’enjeu de 2011, il faut impérativement éteindre le feu, apaiser les esprits, chasser les vieux démons et réinstaurer la maison G et F pour prétendre rivaliser avec la mouvance présidentielle plurielle. La énième rencontre de fin janvier, si elle se tenait, apparaît donc comme une panacée pour les acteurs politiques de l’intergroupe.
La fébrilité des G et F mise à nu
Si cette rencontre devrait permettre à l’opposition de colmater les brèches, elle renseigne également sur les limites de l’intergroupe. Tout comme la mouvance présidentielle, sinon pire, on est davantage convaincu de la fébrilité et de l’incohésion des G et F. Ils ont du mal à accorder leurs violons sur les critères de désignation de leur candidat unique pour la présidentielle. De sources concordantes, on évoque çà et là les noms du premier adjoint au maire de Cotonou, Léhady Vinagnon Soglo, et du président du Parti du renouveau démocratique, maître Adrien Houngbédji. A en croire certains, il serait même le favori vu son passé politique : plusieurs fois candidat à l’élection présidentielle, candidat perdant à la présidentielle de 2006. Aux dernières nouvelles, l’intergroupe s’est décidé à se doter désormais d’un règlement intérieur. Et c’est là où on se rassure davantage de l’empressement des G et F à se mettre en groupe sans baliser le terrain. En temps normal, pour un groupe politique naissant comme l’intergroupe, les pères fondateurs devraient veiller à le doter des textes fondamentaux pour éviter les écarts de langage, les dérapages, les conduites contraires aux normes prescrites… Mais les uns et les autres ont préféré y aller comme cela avec les risques de division, de félonie et de dissidence politique. Ce qui s’enregistre d’ailleurs depuis peu et qui, sans nul doute, a motivé la tenue de cette rencontre. L’intergroupe a raté le coche en mettant la charrue devant les bœufs pour enfin décider de corriger le tir. A quelques jours de la tenue de cette rencontre, il serait trop tôt de crier victoire dans le camp des opposants. Car le plus dur reste à venir. Suivez mon regard !