Assemblée nationale :L’abrogation de la Lepi à nouveau reportée
La première session extraordinaire convoquée par certains députés en vue de l’abrogation de la loi sur le Recensement électoral national approfondi (Rena) et de la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lepi) vient d’être à nouveau reportée. Un communiqué du président de l’Assemblée nationale qui nous est parvenu tard hier annonce la mise en veilleuse de la rencontre jusqu’à la décision de la Cour constitutionnelle sur la recevabilité du dossier.
Un nouveau report de la session extraordinaire sur l’abrogation du processus de réalisation de la Lepi. Après les deux correspondances contradictoires du chef de l’Etat et la convocation de la plénière pour ce jeudi 04 mars 2010, un communiqué spécialement signé du directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale informe de la nouvelle décision de surseoir au rendez-vous avec une série d’articles de la constitution et du règlement intérieur de l’institution parlementaire. Pour un seul motif : le dossier vient d’être renvoyé à la Cour constitutionnelle à la suite d’un certain nombre de commentaires qui n’aurait pas plu et vaut mieux, selon le rédacteur du communiqué attendre la décision qui en résulterait. Cette nouvelle situation pose cependant quelques problèmes. Le premier et le plus grave qui fera des vagues, c’est le signataire du communiqué. Déjà, et tôt ce matin quand le message a fait le tour des rédactions, on se demande les raisons pour lesquelles le président de l’Assemblée nationale n’a pas osé gérer lui-même le dossier et a dû confier la responsabilité à son directeur de cabinet. Plus grave, c’est le moment où intervient le communiqué. La veille de l’ouverture de la session que le président nago a convoquée. Mieux, le message indique que c’est la conférence des présidents qui aurait fait ce choix le 1er mars dernier. Ce que nombre de députés dément déjà et se pose la question de savoir les raisons qui motivent alors leur invitation pour ce jeudi si tant est qu’une décision avait été prise. Autant de moyens qui risquent de renforcer la crise autour des élections de 2011. De plus, en opérant comme il l’a fait, le président Mathurin Nago laisse la porte ouverte à d’autres critiques sur sa façon de gérer. On lui reproche déjà de n’avoir rien fait pour éviter les deux correspondances du chef de l’Etat. Aujourd’hui, c’est un communiqué qu’il fait signer à son directeur de cabinet après avoir convoqué statutairement la session extraordinaire qui vient, à nouveau, d’être annulée. Et puis, la façon dont les choses de passent peut être assimilée à un jeu de ping-pong dont les conséquences seront lourdes pour le président de l’Assemblée nationale. Il pourrait une fois encore voir son prochain rapport d’activité rejeter du fait de ses liens trop soudés avec le président de la République qui lui fait exécuter certaines opérations que ne l’arrangent pas. Toute chose qui concourt à une mauvaise publicité pour le professeur Mathurin Coffi Nago qui a besoin pourtant de commencer par soigner sa propre image pour être mieux en forme dans un an pour aller aux élections législatives. Un volet de son parcours politique qui tend malheureusement à lui échapper.
J-C H (Br.Ouémé-Plateau)
Quotidien : Le Matinal
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