Aube Nouvelle
Un nouveau soleil s’est enfin levé sur la Lépi. En réponse aux plaidoyers des acteurs de la société civile et face à la contradiction récurrente des points de vue des protagonistes politiques autour cet instrument précieux, le Chef de l’Etat, Boni Yayi, a fini par convoquer et présider en personne la « Conférence nationale des forces vives » impliquées dans la réalisation sans accroc de la Liste électorale permanente informatisée. C’était, hier mardi, dans la Salle du Peuple du Palais de la République. Un point fort se dégage de ce conclave historique : la réalisation de la Lépi est irréversible. Dans un élan patriotique, les participants ont décidé de la mise sur pied imminente d’un groupe de travail qui servira d’interface entre les institutions techniques que sont la Cps/Lépi et la Miréna, les acteurs politiques et le gouvernement.
Par : Serge-David ZOUEME
Ça ne pouvait pas mieux tomber ! Une table ronde pour décider du sort de la Lépi tant controversée. Hier mardi, au Palais de la République, tous les acteurs impliqués dans le processus d’établissement de la Liste électorale permanente informatisée se sont donnés rendez-vous pour relever les avancées et passer au crible les différentes entraves à la réalisation de cet instrument hautement politique et gage de la crédibilité de la démocratie béninoise. Dans une même salle (la Salle du Peuple) devant un homme engagé (Boni Yayi), les ténors politiques de l’Union fait la Nation, du regroupement politique G13, des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) auxquels se sont joints les présidents des Institutions de la République, les responsables de la Commission politique de supervision de la Lépi (Cps/Lépi) et de la Mission indépendante de recensement national approfondi (Miréna), le représentant de la société civile, le corps diplomatique accrédité au Bénin, les partenaires étrangers notamment le Programme des Nations-Unies pour le développement (Pnud) et autres se sont vidés. Après l’état des lieux fait par Epiphane Quenum, les députés Bruno Amoussou et Eric Houndété qui représentaient à cette occasion l’opposition ont partagé avec l’audience, leurs griefs et récriminations contre la manière dont le projet de la Lépi est actuellement conduit. Selon eux, il urge d’arrêter, pour l’heure, le processus en vue de colmater les brèches dans la perspective d’une Liste électorale permanente informatisée consensuelle. Car, à en croire leurs propos, la Lépi, telle qu’elle est réalisée actuellement ne prendrait pas en compte les préoccupations de toutes les composantes de la scène politique nationale. En réponse à cette exigence, la réponse du Chef de l’Etat a été sans ambages. « Il faut poursuivre la Lépi », a-t-il dit. En termes clairs, le Président Boni Yayi est d’accord qu’il faille corriger les ratés et autres dysfonctionnements enregistrés çà et là dans le cadre de ce projet pour répondre réellement aux aspirations de tous les Béninois du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. En revanche, il n’est pas d’avis qu’on arrête le processus. C’est dire que la Lépi est irréversible. En témoignent les étapes déjà franchies à l’instar de la cartographie censitaire, l’implication technique et financière des partenaires et bien d’autres paramètres à prendre en compte. Le député Nassirou Arifari Bako qui portait les préoccupations du G13 tout comme le maire d’Agbangnizoun, Eugène Azatassou qui représentait les Fcbe ont semblé emboucher la même trompette. Tout en reconnaissant qu’il y a des failles, ils proposent qu’elles soient corrigées au fur et à mesure que le projet suit son cours. Mathurin Coffi Nago, président de l’Assemblée nationale et Urbain Amègbévi de la société civile n’ont pas manqué aussi d’exprimer leurs préoccupations. Au terme des travaux, il a été décidé de la mise sur pied d’un groupe de travail consensuel qui servira d’interface entre les institutions techniques de la Lépi sont la Cps/Lépi et la Miréna, les acteurs politiques et le gouvernement. Il est recommandé, entre autres, des rencontres périodiques avec le Chef de l’Etat pour faire le point de l’avancement des travaux.
Enfin le salut !
La tenue de l’historique rencontre d’hier avec la présence effective du Chef de l’Etat pourrait s’interpréter comme une victoire manifeste du peuple béninois. Mieux, tous les barons politiques de l’opposition qui émettaient des doutes ont pris une part active aux travaux qui ont duré six (6) heures, soit de 11 heures à 17 heures. Il s’agit d’un acte salutaire qui va ainsi renforcer la cohésion nationale et la paix, en dépit des réactions enregistrées jusque-là. Depuis hier, on peut conclure sans risque de se tromper que rien alors ne peut bloquer cette volonté populaire de voir réaliser la Lépi. A preuve, ils sont tous d’accord qu’il faille doter le Bénin de cet outil capital pour le renforcement de la démocratie. Et comme ils savent bien le faire dans les moments difficiles, ils ont pu accorder leurs violons sur l’essentiel, à savoir la création de ce groupe de travail qui déposera son premier rapport le 15 mars prochain. Toutes les parties en « conflit », s’y retrouveront pour travailler dans l’intérêt supérieur du Bénin. C’est la preuve que le consensus est en marche. A ce propos, le Chef de l’Etat a souhaité que du « consensus politique, qu’on aille vers un consensus technique » pour sauver la Lépi. Le chemin est, dès lors, balisé et on peut crier la victoire du peuple béninois.