Abrogation de la loi sur la Lépi : Pourquoi les députés vont reculer
Plus de peur que de mal. Le souci manifeste et clairement exprimé par un groupe de députés de l’opposition, en l’occurrence l’Union fait la nation, de voir abroger la loi instituant le Liste électorale permanente informatisée (Lépi) risque de ne pas aboutir. Outre les deux (2) événements majeurs qui se sont produits cette semaine et qui tendent à assouplir la position des signataires de la proposition de loi, des élus du peuple du G13 tel que l’honorable Issa Salifou auraient joué à la facilitation auprès de ses pairs de l’Un afin que la plénière extraordinaire convoquée pour ce jour, vendredi, à l’Assemblée nationale ne débouche sur l’abrogation, mais plutôt sur la révision de la loi.
On peut commencer à croire à la non abrogation de la loi portant réalisation de la Lépi. Convoqués, ce jour, à l’hémicycle pour la énième plénière extraordinaire, les honorables députés notamment les quarante-quatre (44) signataires de la proposition de loi d’abrogation pourraient bien renoncer à la requête initiale, celle de mettre fin à l’existence de la loi sur la Liste électorale permanente informatisée. Et pour cause, des députés du regroupement politique G13 à l’instar de l’honorable Issa Salifou ont entrepris des actions de médiation et de facilitation dans l’ombre en direction de l’Union fait la nation dans la perspective de décrisper la situation autour de la réalisation ou non de cet instrument hautement politique qui crédibilise davantage la démocratie béninoise. A la sortie de la cérémonie de décoration d’une frange de députés, hier, au Parlement, l’honorable Issa Salifou a déclaré à la presse qu’il sera essentiellement question, ce jour, à l’Assemblée nationale de la correction de la loi instituant la Lépi, et non de son abrogation comme l’ont souhaité certains députés de l’opposition. Cette nouvelle approche des députés qui, déjà, bénéficie de l’assentiment et surtout de la reconnaissance populaire, renseigne aisément sur l’esprit de discernement des acteurs politiques béninois devant les obstacles qui tendent à ternir l’image de la République. S’ils joignaient l’acte à la parole, ces députés auront, sans nul doute, le mérite de sauver la République qui semble avoir le dos au mur. Les positions récemment crispées se décrispent, l’esprit du dialogue entre les différentes factions politiques qui se regardaient presque en chiens de faïence, renaît progressivement et la volonté de sauvegarder les historiques acquis de la Conférence nationale des forces vives de la Nation est de plus en plus manifeste. Les uns et les autres ont apparemment le souci de ne pas franchir le Rubicon. Car, la République passe avant tout. Dès lors, il n’est pas exclu que, ce jour, à l’hémicycle, des adversaires politiques d’hier embouchent la même trompette dans l’intérêt supérieur de la Nation.
L’espoir encore permis
On s’attendait à ce revirement plausible de la situation au Parlement. Les (2) événements majeurs qui se sont produits cette semaine au Bénin laissaient entrevoir déjà la décrispation. En effet, à l’issue de la rencontre tenue, mardi dernier, au Palais de la République et qui a réuni toutes les composantes de la société béninoise, l’Union fait la Nation, par la voix des honorables députés Bruno Amoussou et Eric Houndété, a exprimé ses griefs et récriminations contre le processus d’établissement de la Lépi. A en croire les représentants de ce bloc politique, il faut arrêter le projet d’établissement de la Lépi pour colmater les brèches afin de doter le Bénin d’une liste fiable. Ils sont restés sceptiques car, selon eux, la Lépi telle qu’elle est réalisée actuellement ne prendrait pas en compte toutes les données susceptibles de créditer le Bénin d’un outil politique consensuel. En réponse à la requête de l’UN, le Chef de l’Etat est d’accord qu’il faille corriger les ratés enregistrés çà et là dans le cadre dudit projet pour répondre réellement aux aspirations de tous les Béninois du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. En revanche, il n’est pas d’avis qu’on arrête le processus. Au finish et dans un élan patriotique, les protagonistes ont accordé leurs violons pour la mise sur pied d’un groupe de travail largement représenté et qui servira désormais d’interface entre les institutions techniques que sont la Cps/Lépi et la Miréna, les acteurs politiques et le gouvernement. C’est dire qu’à ce niveau, les doutes sont dissipés et les difficultés déjà aplanies afin que les uns et les autres puissent rester ensemble pour veiller à la réalisation de la Lépi. Mieux, du côté de l’Assemblée nationale, la Commission des lois, de l’administration et des droits de l’homme a fini par délibérer ce même mardi. Elle a clairement signifié sa désapprobation au sujet du projet de loi portant abrogation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Selon ladite commission, la requête de l’opposition manque de bases juridiques conséquentes. L’honorable Hélène Aholou Kèkè, présidente de ladite commission, et ses collègues membres ont rejeté les motifs soulevés. Ainsi, on reproche aux signataires de la proposition de loi et à l’UN de n’avoir pas intégré à leur requête les arguments nécessaires de droit pour faire passer leur dossier. En conséquence, l’initiative de l’opposition de faire arrêter le processus ne pourra pas aller jusqu’à son terme. Selon des sources proches de la commission, l’exposé des motifs n’a nullement fait mention des dispositions du texte qui causent problème à l’application de la loi N° 2009-10. De là, que l’opposition non déclarée et ses nouveaux alliés en arrivent à formuler leur demande de mettre fin au processus en cours ne serait pas fondée sur des arguments solides. En somme, toutes les conditions étaient réunies pour qu’on assiste à la non abrogation de la loi. Mais la démarche des députés du G13 est de nature à ramener la paix et la confiance entre les protagonistes d’hier. Encore qu’avec son l’élection, mercredi dernier, à la tête de la Cps/Lépi, le député Nassirou Arifari-Bako a le souci de jouer à l’équilibrisme sans empiéter sur les intérêts des Fcbe, encore moins de l’Union fait la Nation.
Serge-David ZOUEME
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