Écrit par Jacques A. MIGAN
CONFERENCE DE PRESSE LE 10 JUILLET 2010
Mesdames & Messieurs les Représentants des différents Mouvements et Associations, Chers Amis,
Mesdames & Messieurs les Journalistes et Communicateurs Nationaux et Internationaux,
Je veux saisir la présente occasion pour vous remercier pour le grand intérêt que ma modeste personne a suscité au niveau de vos canaux respectifs depuis quelques jours.
Contrairement à ce que vous pourriez penser, je voudrais vous rassurer et rassurer l’opinion publique nationale et internationale que je ne suis pas remonté contre le régime Boni Yayi, à la suite de ma prétendue exclusion de la tête du Rassemblement pour la Mouvance Présidentielle – décision que j’ai apprise par la presse. Mes Conseils sont saisis du dossier relativement à cette mesure d’exclusion. Je remercie certains membres du bureau exécutif du RMP et les amis de la mouvance qui m’ont témoigné leur affection de diverses manières.
Je ne suis pas non plus malheureux de cette prétendue décision d’exclusion, parce que je ne détiens pas le titre foncier du RMP, créé pour servir un homme : BONI Yayi Président de la République candidat à sa propre succession. Comme chacun d’entre nous le sait dans la trajectoire de sa vie personnelle, nul n’est indispensable. Le cimetière est rempli d’hommes dits indispensables. J’ai aujourd’hui la satisfaction morale de servir loyalement une cause et un homme, tout en restant fidèle à mes convictions religieuses, morales et politiques, surtout à ma nature de libre penseur. Le Général Mathieu Kérékou que j’ai servi au poste de conseiller technique juridique me connaît pour cela et m’a respecté comme tel jusqu’à la fin de son mandat.
Dans le cas présent, que me reproche t on qui pourrait justifier mon éviction de la tête du RMP ?
Officiellement, et selon la déclaration lue par le vice-président, il me serait reproché mon intervention sur la radio CAPP FM notamment lorsque j’ai évoqué les échecs successifs du régime du Changement dans les domaines de la filière coton, du palmier à huile, des machines agricoles, de la sécurité, de l’érosion côtière, l’implication du pouvoir dans l’affaire du placement illégal d’argent communément appelé Affaire ICC-Services. On me reproche également d’être en intelligence avec l’homme d’affaires Martin Rodriguez en conflit avec le pouvoir, dont je milite pour un juste retour au pays. Les faits seraient aggravés par la rébellion des étudiants, que je susciterais contre le pouvoir en place, et ce en faveur de Martin Rodriguez. C’est cela qui justifie mon départ de la tête du mouvement politique né pour faire gagner dans l’Ouémé Boni Yayi.
Mesdames & Messieurs les journalistes,
Cette version en vérité n’est qu’un prétexte pour atteindre l’objectif visé par mes détracteurs. En réalité, les vraies raisons sont à rechercher ailleurs. Et je vous les livre maintenant.
Il ne s’agit ni plus ni moins qu’une question d’argent. Une somme de 30.000.000 de F CFA annoncé par le chef de l’Etat un 23 juillet 2009 et qui a divisé le RMP. Une somme dont je n’ai même pas vu la couleur.
De quoi s’agit-il ?
A l’issue de nombreux sacrifices, des dépenses venant de ma poche, et parfois de mes amis et sponsors acquis à la cause du changement, pour donner un rayonnement au RMP, le chef de la majorité présidentielle a jugé bon de donner des moyens subséquents pour l’animation de la vie politique. Une somme de 30 millions, je l’ai dit précédemment. C’est la gestion de cette somme, qui a entrainé dans une grande partie des crimes dont on m’accuse aujourd’hui.
Sans pour autant entrer dans les détails, deux hommes et une femme se sont rapprochés de ma personne, pour qu’on se partage ladite somme en quatre : une part pour chacun des quatre. Mon refus de céder à leur requête qui ne correspond pas à mon éthique et d’avoir tenu bon jusqu’à présent, me vaut l’honneur d’être voué aux gémonies et d’être accusé d’intelligence avec l’ennemi.
Mais qui considère t’on comme ennemi du changement ?
Martin Rodriguez ? Ah ! Le pauvre ! Il n’est qu’un simple opérateur économique dont mon rôle d’avocat est d’assurer les intérêts. Je suis d’ailleurs un de ses conseils et je ne m’en cache point. Je connaissais Rodriguez avant même l’avènement de Yayi BONI au pouvoir.
Propriétaire de l’avion présidentiel qui défraie actuellement la chronique, cet homme ne veut qu’un juste retour de ses biens. Les vicissitudes du pouvoir l’ont contraint à un exil volontaire. Je sais de par ma position, les nombreux contacts que cet homme n’a cessé d’avoir avec le chef de l’Etat béninois son ami pour le règlement à l’amiable du différend financier qui l’oppose à l’Etat béninois. Depuis cinq ans, ses affaires sont en berne au Bénin, lui créant des préjudices financiers et moraux. Or, il se trouve que cet homme développe d’autres filières en Côte d’Ivoire qui pourraient être bénéfiques au Bénin, surtout dans le cadre de la promotion de l’emploi et de l’insertion professionnelle. Les Etudiants séduits par ces innovations se sont déplacés à Abidjan, pour constater de visu ses réalisations. De retour au pays, ils ont voulu le faire savoir à travers les diverses conférences de presse qu’ils ont données pour attirer l’attention du chef de l’Etat Béninois sur cette injustice et l’aider à réparer.
Mais qui les étudiants sont –ils allés voir à Abidjan ?
Un mercenaire, un apatride, un membre d’Al Qu’Aïda, ou quelqu’un qui envisage de fomenter un coup d’Etat ? Il ne s’agit que de Martin Rodriguez ! Un béninois dont les entreprises sont en souffrance au Bénin. Est-ce un crime à nourrir l’espoir d’un retour au pays d’un opérateur économique pétri d’initiatives ?
Mesdames & Messieurs les journalistes,
On ne peut être quelque chose et en même temps son contraire. Je ne peux pas non plus renier mes amitiés, ni ma profession d’avocat, au motif que je soutiens les actions du Président de la République. Les deux visions ne sont pas à mon avis antinomiques. Si ces deux raisons principales suffisent à expliquer ma prétendue destitution de la tête du RMP, alors je l’accepterais comme une bénédiction et une délivrance.
Mesdames & Messieurs les journalistes
Je ne suis pas non plus aigri par mon absence, comme la rumeur le répand, dans le dernier remaniement ministériel au poste de ministre de la justice.
Je n’ai pas non plus pris fait et cause pour Abdoulaye Bio-Tchané, qui du reste est un citoyen béninois, jouissant pleinement de ses droits civiques. Ma conviction profonde, c’est que Yayi BONI doit trouver les voies et moyens pour régler la question Rodriguez, dont les affaires chiffrées en milliards de F CFA sont en souffrance. Le chef de l’Etat qui est le premier magistrat du pays détient la clé pour un juste retour des choses. Mais pourquoi ne veut-il pas le faire ? Mystère ! Pourtant eu égard à l’engagement de cet homme d’affaires pour son élection en 2006, le chef de l’Etat aurait pu saisir ce cri de colère des étudiants, pour régler cette question importante. Il pouvait faire d’une pierre deux coups.
Amorcer le règlement du problème de l’emploi et de l’insertion et apaiser la tension sociale et estudiantine. Je crois à mon humble avis, qu’il n’est pas encore tard pour le faire.
Mesdames & Messieurs les journalistes,
Je rêve d’un pays où l’opérateur économique ne sera plus poursuivi comme un gibier malfaisant. Je suis persuadé que demain, c’est l’économie qui sera au cœur du débat politique notamment lors de la présidentielle de 2011.
Je vous remercie.
BATONNIER Jacques A. MIGAN