L’ancien Procureur général près la Cour d’Appel de Cotonou était le mardi 20 juillet 2010 face aux membres de la commission d’enquête judicaire mise en place par le chef de l’Etat pour voir clair dans le ténébreux dossier Icc-services. Ainsi, alors que le Sieur Dohou planchait à la Cour suprême à Porto-Novo, Georges Constant Amoussou a été transporté hier a Cotonou pour une confrontation avec Emile Tègbénou.
Une longue journée pourrait-on dire hier entre l’ancien Procureur général près la Cour d’Appel de Cotonou et le Sieur Emile Tégbénou. La rencontre a été organisée par de la commission d’enquête judicaire au sujet du scandale Icc-services pour voir clair dans certaines déclarations du deuxième qui accuse tout le monde de l’avoir aidé à percer l’appareil de l’Etat et à jouir de quelques facilités pour mieux exercer en toute tranquillité son affaire de placement illégal d’argent. Et parce que de monstres révélations auraient été faites sur son compte par Tégbénou décidé à noyer tout le monde, l’ancien patron de la Cour d’Appel de Cotonou a été transporté d’urgence à Cotonou pour confirmer ou infirmer les allégations à son encontre. Selon des indiscrétions, Tégbénou aurait déclaré avoir décaissé mensuellement jusqu’à l’explosion du système, 20 000 000 Fcfa pour le compte de plusieurs responsables au sommet de l’Etat et dans les circuits judiciaires du pays. Et toutes les fois qu’un meeting est annoncé, les gens ont recours à lui pour donner sa participation en vue du financement de l’opération. Le Sieur Tégbénou aurait aussi fait des interventions de grande importance à l’occasion de certaines grandes prières nocturnes ou qui oblige le déplacement d’un nombre important de pasteurs dans les domiciles des patrons du pays et à la présidence de la République. C’est face à ces affirmations relativement graves qu’il était nécessaire de faire appel au magistrat Georges Contant Amoussou. Mais avant, d’autres grands responsables du pays seraient passés pour dire leur part de vérité dans ces accusations qui dépassent l’entendement. C’est, dit-on, l’ancien ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique Armand Zinzindohoué limogé et mis aux arrêts dans le dossier Icc-services qui aurait été le premier plancher face à Tégbénou. Si rien n’a filtré de façon officielle des confrontations, on apprend tout de même que Tégbénou qui est resté ferme, concis, précis et très explicatif dans la façon dont il finançait certaines opérations au profit de ses protecteurs, cite de temps à autres des témoins pour justifier ses accusations. Emile Tégbénou affirme, dit-on, détenir encore des notes d’appel de fonds de certains patrons du pays. Il pourrait être retourné chez lui ce matin pour faire sortir ces preuves qu’il aurait pris le soin de ranger à des lieux sûrs à toutes fins utiles.
Dohou entendu à la Cour suprême
L’ex-fugitif Dohou a été conduit hier à la Cour suprême pour être écouté. Depuis son arrestation, c’est la toute première fois que l’homme a parlé pour donner sa part de vérité dans cette affaire de vaste escroquerie dans laquelle plus de 100 milliards ont filé dans la main de ces épargnants informels au vue et au su des autorités au plus haut niveau. C’est dans la délégation venue de Cotonou et conduite par le chef de la brigade d’Avrankou que Dohou est arrivé à Porto-Novo et en retour Georges constant Amoussou a été acheminé sur la Capitale économique. Avec les révélations de Tégbénou qui pourrait contraster ou aller dans le même sens que les déclarations de Dohou, il faut s’attendre à plusieurs autres grandes confrontations dans les jours à venir. C’est pourquoi, on dit c’est maintenant que le plus dur commence. Et même s’il advenait que le pouvoir venait à libérer Zinzindohoué dans la nuit d’hier à aujourd’hui ou ce jour, ce dernier pourrait être reconduit devant le comité pour répondre d’autres cas de malversations dans le dossier. Il ne faut pas aussi exclure, dit-on, la dénonciation d’autres personnalités hautes perchées avec la façon dont le dossier est actuellement conduit.
Jean-Christophe Houngbo (Br.Ouémé-Plateau)